Après enquêtes, l’Acaj exige le retrait de l’ordonnance portant révocation de 253 magistrats

 

Les magistrats révoqués par l’ordonnance du chef de l’État dénoncent une décision arbitraire. Dans leur point de presse ce mercredi au siège de l’association congolaise pour l’accès à la justice, ces magistrats se disent victime de la mauvaise foie du ministre de la justice.

 

A son tour,  le président de l’Acaj, Georges Kapiamba, a pointé du doigt au ministre de la justice d’être à la base de tout ce désordre au sein de justice. Il a aussi déploré cette ingérence dans une institution sensée être indépendante.

 

D’après les enquêtes fournies à la presse par Acaj, Alexis Tambwe Mwamba, oubliant sa casquette politique, s’est impliqué dans la commission instituée par le conseil supérieur de la magistrature chargée de contrôler les dossiers des magistrats.

 

Quand la liste de 253 magistrats, aujourd’hui révoqués, était transmise au président de la république, le CSM n’avait pas encore fini le contrôle. La commission mise en place était encore à l’étape de Kinshasa. Sur base de quoi remarquons même les magistrats de l’intérieur, s’interroge Kapiamba. C’est la violation du principe de la séparation du pouvoir. «Nous demandons au président de la république de retirer son ordonnance, afin de confronter les dossiers aux accusations.»

 

Dans la logique de chose, la décision de créer la commission de contrôle physique de dossiers de personnel du pouvoir judiciaire prise par conseil supérieur de la magistrature devrait aboutir à la confrontation des preuves, tout en tenant compte de la présomption d’innocence. Et, il n’appartenait pas au ministre de la justice de saisir le chef de l’État.

 

Sur la liste de 253 magistrats révoqués, il y a 48 femmes. Pourtant dans le nombre actuel de 4340 magistrats exerçants en Rdc, les femmes ne comptent pas 10%. C’est une violation de la loi sur la parité, a estimé le président de l’Acaj.