Olive Lembe Kabila.: « Nous ne préparons pas notre retraite, mais plutôt la relève ! »

 

Par Edmond Izuba

Dans la vaste concession de la ferme Espoir, l’heure de la moisson de
maïs a sonné. Le site situé à 700  Kilomètres de Lubumbashi, dans le
haut Katanga, au village Lwembe, l’extension de la « ferme Espoir »
est à cheval de la rivière Kembe et du village Kembe, d’où le nom
Lwembe-Kembe à l’honneur de deux chefs coutumiers (propriétaires de
terre). Ce énième domaine privé du couple présidentiel est sécurisé
par les autochtones qui en assurent également la garde et l’entretien.

« Je vous ai promis une surprise agréable, bientôt vous allez la vivre
», prévient Olive Lembe Kabila. Aux allures d’un guide-modèle, toute
en pagne vêtue, l’épouse du chef de l’Etat congolais est au volant, à bord d’un pick-up à cinq sièges  avec quatre de ses visiteurs
(journalistes), vitres baissés,  suivi d’une suite d’une dizaine de
véhicules 4X4.

La route est à moitié dégagée pour joindre l’objet de la visite. Les
visiteurs de la première dame, composés d’une délégation des
professionnels des médias venus de Kinshasa et les responsables des
jeunes du Nord-Kivu, les notables de la province du haut Katanga, et
quelques personnalités indépendantes vont parcourir la route Likasi
avec une avalanche de poussière de la terre jaune, à quelques mètres
près de la surprise attendue. Olive oublie de se reposer et passe à
l’essentiel. Perchée dans une cabine d’une moissoneuse-batteuse, à six mètres du sol, accompagnée du coordonnateur du secteur agricole de la
ferme Espoir, elle s’est mise à inviter groupe par groupe pour guetter
la grande surface du champ, jadis exploitée par les autochtones.
L’étendue de la terre tape-à-l’œil. Elle est  équipée des guérites pour les gardiens du site, les contenairs pour la protection des
engrais, une maison d’habitation, du courant alternatif et continu et
tant d’autres engins appropriés.

«C’est l’agriculture qui prendra la relève de toute l’économie
congolaise future, quand termineront les débats sur les richesses minières du pays », confie Olive Lembe à ses hôtes.  A la question de
savoir si la ferme Espoir constituera pour le couple présidentiel une
bonne affaire quand joseph Kabila, son mari, va quitter le pouvoir,
après avoir épuisé ces deux mandats de cinq ans à la tête du pays, la
première dame de la République ? « Nous ne pensons pas vraiment
préparer notre retraite, mais plutôt que la relève », répond-elle
sereinement.

Ici, Lwembe-Kembe fait respirer l’air de la savane. Le climat est
assez bon : 20 degré le matin, 28 degrés la journée, 19 degrés le
soir, selon les estimations métrologiques. La température et le taux
d’humidité exigés sont plus que propices pour lancer la récolte, lâche
Robinho Apolinario. Le champ maïs, unique céréale jusque là
expérimenté, occupe 1000 hectares avec la capacité de production de
plus au moins  7 000 tonnes, six mois après la semence. La semence se
fait de manière mécanique dans cette extension de la ferme Espoir, et
ne dure que 12 jours. La ferme emploie une dizaine des autochtones qui
y veille et travaille avec les initiatives privées « coopératives »
depuis 2012, année du début de ses activités proprement dites.
La fermière en vedette, Olive Lembe va jusque à palper du doigt la
qualité des maïs à moissonner, pour mieux les catégoriser. Aux
commandes de la moissonneuse batteuse, cette fois-ci, l’épouse de
Joseph Kabila va lancer la récolte devant les caméras.

*La récolte de Kembe-Lwemb dans les assiettes Lushoises*

La campagne agricole lancée a un but : résoudre la crise de farine de
maïs à Lubumbashi et environs. « Nous sommes inquiets lorsque nos populations exportent les produits qu’elles peuvent facilement trouver
dans son pays », explique Maman Ilove Lembe.  Nous intervenons très
souvent au bénéfice de la population, surtout quand les commerçants «véreux » spéculent sur la rareté de marchandises pour majorer le prix
sans tenir compte du pouvoir d’achat, ajoute-elle. « Nous n’utilisons
pas abusivement les produits chimiques, comme font les autres, en vue
de garder notre population en bonne santé, renchérit-elle. Cette saison, le rendement est surprenant. Plus meilleur que les années
agricoles précédentes, il passe 8 à 10 tonnes par hectare à la grande
satisfaction totale des ouvriers de la ferme Espoir.  Pour une journée
déjà chargée, la surprise ne sera seulement pas d’assister au
lancement de la récolte où même les visiteurs ont contribué au
glanage, l’épouse du président de la république à ajouter la cerise
sur le gâteau. Elle a préparé à manger à ses visiteurs avec la farine
de maïs de Kembe-Lwembe. En outre, elle a distribué, sans aucune
distinction, des pagnes à ses invités, travailleurs, villageois, avant
de reprendre la route de Lubumbashi, toujours au volant.

Ce domaine privé du couple présidentiel prévoit les cultures de
plusieurs produits de base dont le manioc et le soja dans les
prochains jours