Candidat commun de l’opposition : Martin Fayulu sur le qui-vive

Par la Rédaction

Victime d’une comédie politique à la congolaise, Martin Fayulu reste serein et croit dur comme fer qu’il reste et demeure « le candidat commun » de l’opposition. Sur lachaîne de télévision Tv5/monde, le président de l’Engagement Citoyen pour le Développement, coordonnateur de la dynamique de l’opposition n’a pas cru détenir un cadeau empoisonné que de se contenter à nier consciemment la caducité de l’accord de Genève. « Nous sommes encore nombreux : Jean Pierre Bemba, Moïse Katumbi, Freddy Matungulu, Adolphe Muzito n’ont pas retiré leurs signatures. Cet accord va nous amener aux élections libres, démocratiques, transparentes et sans la machine à voter», précise Fayulu. Regroupé des leaders qui n’ont rien à perdre parce qu’avec base mais invalidés, soit sans base mais validés, Fayulu estime qu’il n’y avait pas lieu d’attribuer la base de l’opposition à Tshisekedi ou Kamerhe. Il pense que le seul moment où l’on peut tester la popularité c’est pendant les élections.

Candidat commun diviseur  

Si Genève a réussi à enfermer durant trois jours les gabarits de l’opposition pour la sortie de la fumée blanche dimanche soir, à Kinshasa et à Bukavu ce lundi 12 novembre 2018, les militants et cadres ont assombri le ciel. Déjà tôt le matin, des scènes de liesse ont conduit à des échauffourées entre militants, pneus brulés devant les sièges de partis politiques, rameaux en mains, résultat d’un spectacle offert par l’Udps et l’Unc pour contester contre le député de ECIDé. Par des conversations téléphoniques filmées, dignes d’une série télévisée africaine amateur, Vital Kamerhe et Félix Tshisekedi vont se tirer d’affaire par demande de leurs bases respectives. Tel un désaveu cinglant ! Les militants en compagnie de leurs présidents respectifs accepteront de mépriser et scier l’arbre sur lequel devrait s’asseoir la candidature commune de l’opposition. Chassé le naturel il revient au galop, dit-on. Les démons de division logent encore les esprits des opposants congolais qui ne se soucient logiquement plus de l’intérêt général. L’hypocrisie qui les caractérisait n’aura duré que quelques mois pour ternir l’image du pays à l’extérieur, à Genève. Maintenant voilà,  à quelques neuf jours du début de la campagne électorale, deux blocs se fabriquent du coup  au sein de l’opposition liquidant ainsi tout espoir de revenir au bon sentiment. Il s’agit du bloc boycott que devra piloter Fayulu aux côté de Katumbi, Bemba, Muzito et Matungulu, et l’autre, c’est le camp de ceux croient encore à la possibilité de gagner le scrutin présidentiel avec la machine à voter associée aux électeurs sans empreinte digitale.

Le candidat commun désigné comptait utiliser ces deux formations politiques de l’opposition, successivement première et deuxième à la présidentielle de 2011, comme levier important de ses actions à venir. Psychologiquement, Fayulu pas assez confortable pour gagner à 100% la ville de Kinshasa qui l’a presque vomi à ce jour de retrait de signatures, verra bientôt tout son espace  à l’intérieur du pays  en train de se rétrécir à pas de géant. Ambitieux, Fayulu aura une mission ardue non seulement pour vaincre mais aussi pour convaincre. Sans réfléchir deux fois, l’équation devient très difficile et écarte à Martin la possibilité de croire remporter la bataille électorale présidentielle.