Procès Kamerhe : voici les deux gros mensonges du Ministère Public

Par la Rédaction

La mise en accusation du directeur du cabinet du chef de l’État, Vital Kamerhe est, d’après ses avocats, visiblement fondée sur deux gros mensonges relayés et soutenus par le Ministère public. La défense du leader de l’UNC a relevé ces faussetés qui ont pourtant été considérées par les juges instructeurs pour non seulement écrouer leur client mais aussi lui refuser la liberté provisoire sollicitée à quatre reprises.

En effet, des juristes et analystes qui se sont imprégnés des pièces du dossier se sont rendus compte que le mensonge a été utilisé à dessein pour organiser l’arrestation « arbitraire » de Vital Kamerhe.

Premier mensonge, les 10 millions USD de Trade Plus

Il est reproché au dircab du chef de l’Etat à avoir passé un marché de gré à gré avec l’entreprise Trade Plus spécialisée en quincaillerie et non en produit pharmaceutique. Et de ce contrat, la société a reçu 10 millions USD pour la fourniture des médicaments et qui aurait livré les médicaments périmés et impropre à la consommation.

Pour la défense de Kamerhe, cette fausseté est attestée par le Bon de commande émis par le ministère de la Santé, le 1ermar 2019, auprès de l’entreprise Trade Plus pour un montant total de 5 354 134,75 USD. Ce qui est contraire à la somme de 10 millions USD tel qu’allégué par le Ministère public.

Si tous les médicaments commandés par le ministère de la Santé ont été livrés et réceptionnés par lui, seuls quelques items contenus dans deux containers sur 12 livrés approchaient la date de péremption. A la demande du ministre Eteni Longondo le 12 décembre 2019, ces lots ont été remplacés à ce jour et distribués. Ce qui prouve que ces médicaments ont été validés.

Bien plus, l’objet social de ladite société conformément à l’article 3 de ses statuts indique notamment la commercialisation des produits pharmaceutiques.

Second mensonge, les 47 millions USD de SAMIBO

Le détournement des deniers publics par le mécanisme d’attribution des marchés de gré à gré à des entreprises fictives telle que SAMIBO qui, d’après le Ministère public, avait reçu en numéraire 47 millions USD pour la fourniture de 3 000 maisons est le second mensonge relevé par la défense de Vital Kamerhe.

Au regard des preuves de paiement de l’Etat en faveur de cette société, sur la commande évaluée à 57 millions USD, le Gouvernement n’a payé qu’un acompte de 3,75% de la facture, soit 2 137 500 USD le 30 août 2019. Ce qui est contraire aux allégations du Ministère Public qui a évoqué un décaissement de 47 millions USD.

Comment expliquer que les 47 millions USD, non décaissés par l’Etat, aient été perçus en liquides et détournés par SAMIBO en complicité avec Vital Kamerhe ? La réponse, soutient, la défense du dircab du chef de l’Etat, dévoile un tissu de mensonges cousu du fil blanc.

Il en va pour preuve que la société SAMIBO n’est pas fictive. Cette société a bel et bien signé le premier contrat, de gré à gré, pour la construction de 900 maisons avec la Rd Congo en avril 2018. Un Avenant à ce contrat a été fait en 2019, pour passer de 900 à 1 500 maisons. Et ce, à travers le ministre du Développement rural du Gouvernement Tshibala.

Pour les avocats de Kamerhe, les 3 000 maisons épinglées constituent la deuxième commande de la République passée à la suite de la promesse faite par le chef de l’Etat en vue d’améliorer les conditions de vie des militaires et policiers. Sur cette commande, précisent-ils, 93 maisons sont déjà arrivées au port de Matadi depuis le mois de février 2020.

Par cet ensemble de mensonges, constate la défense de Vital Kamerhe, le Ministère public aurait visiblement incité la population à la haine, à la xénophobie et au tribalisme, et ce, dans le but d’offrir cet acteur politique au vindicte populaire et ainsi le séparer du président de la République. Ce qui révèle que la Justice congolaise aurait été utilisée et instrumentalisée par certaines personnes mal intentionnées.

Cette thèse vient conforter la démarche de l’UNC qui avait dénoncé, dès le départ, un complot des officines, sans foi ni lois, visant à déstabiliser Vital Kamerhe et l’équilibre de la coalition Cap vers le changement (CACH).

En rappel, le procès qui s’ouvre ce lundi 11 mai 2020 au Tribunal de grande instance de Kinshasa/Gombe. Nombreux sont ces congolais attendent voir toute la lumière être faite sur ce dossier de détournement des deniers publics.

De son côté, apprend-on de ses proches, le directeur du cabinet du chef de l’Etat qui, réaffirme son attachement à l’Etat de droit, a placé sa confiance en la justice pour l’aboutissement de cette affaire. Car, si l’injustice avec ses corollaires sont à l’origine de l’inversion générale des valeurs, la justice instrumentalisée produira les mêmes anti-valeurs.

Article tiré du média Zooméco.net

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