COVID-19 : La réforme de l’INPP, une nécessité pour développer l’ingéniosité des jeunes congolais (Tribune de Patrick ONOYA)

Par Serge Mavungu

Il fallait attendre la pandémie de la COVID-19 pour « exciter » le sens de créativité et d’innovation des ingénieurs congolais en tant que vecteur de la création de « l’esprit entrepreneurial » collectif en RDC, pouvons-nous lire dans la septième tribune de Patrick T. ONOYA intitulée « Leçons à tirer de la pandémie de la COVID-19 : la formation professionnelle au service de la créativité et de l’innovation ». Dans sa tribune, ce lobbyiste-stratégiste nous fait remarquer que les congolais se démarquent depuis la nuit des temps dans le secteur de la créativité et de l’innovation surtout à l’étranger. Cependant, la préoccupation que soulève ce dernier dans le cadre de sa septième tribune est celle d’étudier de quelle manière la RDC peut arriver à imprimer la culture de la créativité et de l’innovation dans l’ADN du fonctionnement de la formation professionnelle en tant que vecteur de l’entreprenariat. Très récemment, la présentation par l’INPP du « lave main automatique » qui constitue sa contribution à la lutte contre la pandémie de la COVID-19 en RDC a fait beaucoup parler de cet établissement public. Cependant, la formation professionnelle en RDC a toujours été, depuis la nuit des temps, orientée vers la recherche de l’emploi. Elle est un soutien à la politique de l’emploi du Gouvernement. Ce qui explique le fait que l’établissement public chargé de mettre en œuvre la politique de l’emploi à travers la formation professionnelle, en l’occurrence l’INPP a, depuis la nuit des temps, été rattaché au Ministère du Travail, Emploi et Prévoyance Social : Faut-il que la formation professionnelle reste toujours tournée vers la recherche de l’emploi en RDC ? Tel est le questionnement au centre du « projet de réforme de l’INPP » proposé par Patrick Onoya
dans sa tribune exposé ci-dessous:

TRIBUNE 7 :
LEÇONS A TIRER DE LA PANDÉMIE DE COVID-19 : LA FORMATION PROFESSIONNELLE AU SERVICE DE LA CRÉATIVITÉ ET DE L’INNOVATION
(PROPOSITION D’UN PROJET DE REFORME DE L’INPP)

Tribune rédigée par :
Mr Patrick T. ONOYA
Lobbyiste & Stratégiste
CEO du cabinet de consulting « Le Patron » basé à Dallas / Texas et à Kinshasa / RDC
Enseignant – Chercheur en Management et Sécurité Informatique
Coordinateur National Adjoint en charge des Investissements de l’ONG « Congo Meilleur » à Kinshasa / RDC

Mots clés : COVID-19, INPP, formation professionnelle, créativité, innovation, entreprenariat, projet de réforme.

CE QUE LA PANDÉMIE DE COVID-19 NOUS ENSEIGNE EN AFRIQUE

Fait inédit depuis la peste du XIVe siècle et la grippe espagnole de 1918, la COVID-19 affecte aujourd’hui l’ensemble de la population mondiale. Parti de Wuhan, en Chine, il aurait déjà fait plus de 300 000 morts et a réduit à vivre en confinement près de la moitié de l’humanité – plus de 3 milliards de personnes ! Il pousse les gouvernants de ce monde à mettre en œuvre des mesures d’urgence inédites par leur ampleur. Il doit aussi les pousser à réfléchir à plus long terme, au « monde d’après ».
Pour l’Afrique, sur le plan de l’industrie et de la logistique, ce « monde d’après » peut rimer avec trois verbes, qui représentent autant d’opportunités à saisir pour le continent : localiser (la production sur le sol africain), diversifier (les partenaires commerciaux) et simplifier (sa logistique).
L’Afrique peut profiter de l’après-crise, et notamment des mouvements tectoniques qu’elle pourrait déclencher en Chine et en Asie, pour repenser son industrie. D’abord en la localisant sur le continent et en servant ses propres marchés avec sa production locale. Par exemple, les pneus pourraient être produits dans les pays où pousse l’hévéa et où existent des marchés automobiles développés, notamment la Côte d’Ivoire, le Nigeria et la République Démocratique du Congo (RDC) (où ont existé jusqu’à trois usines de pneumatiques, qui ont depuis fermé). Le bassin du Congo pourrait devenir une place forte dans la production de meubles, à l’image des usines du complexe de Nkok, au Gabon. Les jus de mangue, de fruit de la passion, d’ananas des marchés de Bamako et de Dakar devraient cesser d’être « made in Thaïlande » et provenir d’usines de transformation nationales ou sous-régionales, à l’image de l’usine de jus Sobema, au Mali. Une solution à la fois plus logique, plus économique et plus écologique, que devrait renforcer la création de la Zone de Libre-Echange Continentale (ZLEC) ; nous renseigne le magazine « Le Monde » dans sa tribune intitulé « L’Afrique peut profiter de l’après-crise pour repenser son industrie ».
Dans le cadre de la lutte contre la pandémie de COVID-19 en RDC, l’Institut National de Préparation Professionnelle (INPP) a présenté, le mercredi 22 avril dernier, à Kinshasa un dispositif automatique de lave-mains appelé « Maboko Peto » que ce dernier a mis à la disposition des congolais.
Avec cette innovation technologique de l’INPP, il suffit juste d’approcher ses mains, car tout se fait automatiquement jusqu’au prélèvement de la température.
Comme pour dire, il fallait attendre la pandémie de COVID-19 pour « exciter » le sens de créativité et d’innovation des ingénieurs congolais en tant que vecteur de la création de « l’esprit entrepreneurial » collectif. Certes, les congolais se démarquent depuis la nuit des temps dans ce secteur surtout à l’étranger. Cependant, la préoccupation que nous soulevons dans le cadre de notre septième tribune est d’étudier de quelle manière la RDC peut arriver à imprimer la culture de la créativité et de l’innovation dans l’ADN du fonctionnement de la formation professionnelle en tant que vecteur de l’entreprenariat. Le général Sun TZU disait : « Il faut créer les conditions qui permettent le recours à des procédés qui sortent de la règle commune ». Tel est l’esprit de notre proposition du « projet de réforme de l’INPP » exposé ci-dessous.

EXTRAIT DU DISCOURS DU CHEF DE L’ETAT

Dans son discours à la Nation le 13 décembre 2019 devant les deux chambres réunis, le Chef de l’Etat a dit :
« …Le Gouvernement initiera un partenariat entre l’Etat, les provinces, le secteur privé, la société civile et nos partenaires au développement en vue d’engager un vaste programme national de promotion de l’entrepreneuriat pour les jeunes.
La lutte contre le chômage est un immense défi national. Sur 80 millions de citoyens, plus de 43 millions sont en âge de travailler. Pourtant notre pays ne compte que 4 millions 9 cent mille de salariés ayant un emploi formel et de type moderne. »
Convaincu que le développement de l’entrepreneuriat est une solution palliative pour la réduction sensible du taux de chômage, à travers ce passage, le Chef de l’Etat élève l’entrepreneuriat au « rang d’alternative possible » à l’emploi pour résoudre le problème du chômage en RDC.
Et ensuite, dans le discours à la Nation, nous avons retenu ce passage qui dit :
« …Trente-deux millions de congolais en âge de travailler disposent d’emplois précaires ou sont en sous-emploi, tandis que plus de 6 millions sont des chômeurs en situation de détresse.
…Les défis que nous devons mener sont nombreux. Aucun secteur n’échappe à une véritable politique d’urgence. Le Gouvernement devra adopter une démarche novatrice pour résorber le déficit en logements sociaux, renforcer l’artisanat, développer le tourisme, la culture, les sports, créer des centres d’invention et d’innovation et renforcer la protection de l’environnement. »
Comme vous le constatez à travers le discours du Chef de l’Etat, les défis auxquels fait face la RDC sont nombreux ; ainsi, en ce qui nous concerne, la création des « centres d’inventions et d’innovation » sont un support important au développement de l’entreprenariat, associé à l’apprentissage des métiers ; surtout pour les jeunes.
Cependant, l’emplacement de ses centres d’innovation et d’invention dans l’objectif de promouvoir et de développer l’ingéniosité et le gout d’entreprendre aux jeunes congolais doit être étudié de manière à produire le maximum de résultat. C’est à ce niveau que tourner le regard vers les centres de formation professionnelle tel que l’INPP offre tout l’intérêt.
Tel est le leitmotiv de notre démarche en proposant ce projet de réforme de l’INPP.
Le Chef de l’Etat ayant communiqué sa vision d’une part , et l’expansion de la pandémie de COVID-19 en RDC ayant confirmé la nécessité de matérialiser en urgence cette vision pour équiper le pays progressivement des jeunes possédant un savoir-faire à la hauteur des enjeux de l’heure, d’autre part, il appartient maintenant à tout congolais désireux de contribuer à l’amélioration des conditions de vie de ses semblables de se saisir d’un secteur d’activités selon ses compétences et apporter les contributions nécessaires à la matérialisation de cette noble vision.

LA PROBLEMATIQUE DE LA FORMATION PROFESSIONNELLE EN RDC

La formation professionnelle en RDC a été depuis la nuit des temps orientée vers la recherche de l’emploi. Elle est un soutien à la politique de l’emploi du Gouvernement. Ce qui explique le fait que l’établissement public chargé de mettre en œuvre la politique de l’emploi à travers la formation professionnelle a, depuis la nuit des temps, été rattaché au Ministère du Travail, Emploi et Prévoyance Social en l’occurrence l’Institut National de Préparation Professionnelle en sigle I.N.P.P.
Par ailleurs, au regard du taux élevé de chômage en RDC, la nécessité de développer l’industrie local (une des leçons à tirer de la pandémie des COVID-19) et de la volonté politique manifeste du Chef de l’Etat en ce qui concerne l’épanouissement de la jeunesse congolaise, quelques questions se posent :
Faut-il que la formation professionnelle reste toujours tournée vers la recherche de l’emploi ?
N’est-il pas temps de réfléchir autrement afin de résorber par d’autres moyens le chômage qui bat de plein fouet la population congolaise ?
Quels sont les implications liées à l’intégration de l’entreprenariat dans la mission de l’INPP ?
Telles sont les questions que d’aucun peut se poser et pour lesquelles nous allons tenter de répondre dans le cadre de cette septième tribune.

VISION DE L’AVENIR DE LA FORMATION PROFESSIONNELLE EN RDC

Dans son discours à la Nation du 13 décembre 2019 devant le congrès, le Chef de l’Etat a dit aussi :
« Nos jeunes diplômés doivent disposer de tous les atouts pour rejoindre le marché du travail ou celui de l’entrepreneuriat. Nous allons demander au gouvernement d’innover dans l’accès aux marchés publics pour les jeunes diplômés. » 
Partant du principe qu’il existe trois types de savoir qui sont :
Le Savoir : connaissance théorique
Le Savoir-faire : connaissance pratique
Le Savoir-être : le comportement éthique
Nous nous conviendrons que l’accès à un emploi de qualité ou à l’entreprenariat dépend beaucoup plus du « savoir-faire ». Ce qui explique pourquoi la plupart des entreprises recherchent souvent des candidats ayant quelques années d’expérience ou bien ayant fait des formations professionnelles en plus de leurs diplômes.
C’est à ce niveau que la formation professionnelle offre un intérêt à la fois pour les instruits et les non-instruits. La formation professionnelle apporte une « valeur ajoutée » au diplôme que l’on possède ou simplement elle permet de formaliser le don ou le talent naturel que l’on a.
En considérant ce qui précède, afin de tirer quelques leçons sur ce que nous apprend la pandémie de COVID-19 en RDC et en accord avec la vision du Chef de l’Etat tel que présenté ci-haut, nous suggérons que la vision de l’avenir de la formation professionnelle en RDC soit dorénavant orienté aussi vers l’entrepreneuriat en plus de l’emploi. Pas en théorie, c’est-à-dire limité aux simples discours politiques mais en «  pratique ». Sachant qu’il est difficile de pouvoir assurer un emploi à tous les jeunes congolais, avec plus de 60% de taux de chômage, la formation professionnelle en RDC devrait être aussi orientée vers l’entrepreneuriat afin de permettre aux apprenants de pouvoir tenter leurs chances vers l’auto-emploi à travers la création de micro-entreprises.
Mais aussi, mettre un accent sur la créativité et l’innovation dans la formation professionnelle permet de constituer une « fondation solide » au développement du label « MADE IN DRC ».
Or, à la genèse d’une aventure entrepreneuriale se trouve « un projet » ou « un métier » maitrisé par l’initiateur. Dans ce cas, l’INPP peut constituer une bonne « niche » d’entrepreneurs congolais et ainsi, contribuer à tirer les leçons de la pandémie de COVID-19 et par la même occasion, matérialiser la vision du Chef de l’Etat en ce qui concerne l’épanouissement social et professionnel des jeunes congolais.
Par ailleurs, l’INPP, dans le cadre de la réforme proposée, aura toujours pour mission le soutien à la politique de l’emploi mais il lui sera ajouté aussi la mission de contribuer au développement de l’innovation et celui de la création de l’esprit entrepreneurial surtout pour les jeunes ; non seulement que cela va nécessiter que l’INPP puisse revoir son système de formation mais aussi il sera question de revoir l’organisation interne de l’INPP car ce dernier doit intégrer en son sein un processus de « développement créatif » afin que, de façon systématique, ce dernier soit en avant plan dans la recherche des solutions techniques aux besoins et préoccupations de la société ( – volet innovation technologique -) mais aussi, cet établissement public devra intensifier utilisation de son expertise locale pour rechercher des marchés dans ses domaines de compétence (- volet entrepreneuriat -). Quelques exemples déjà en application au sein de l’INPP à ce jour, c’est le cas des opérations d’expertise des véhicules dans le cadre d’un contrat de « contrôle technique » avec l’hôtel de ville de Kinshasa. Et, notamment, très récemment, la conception et réalisation du « lave main automatique » dans le cadre de la lutte contre la pandémie de COVID-19 qui a beaucoup fait parler de lui ces derniers jours.
Par conséquent, la mise en œuvre de la réforme proposée au sein de l’INPP aura pour incidences directes suivantes :
Primo : La multiplication des sources de ressources financières pour l’INPP en devenant une structure à vocation aussi entrepreneuriale (semblable à l’Office de Voirie et Drainage « OVD », par exemple) dans ce sens que les multiples laboratoires qu’il possède vont être utilisés pour créer des richesses additionnelles pour lui en plus des cotisations patronales régulièrement perçues par ce dernier auprès des employeurs établis en RDC ;
Secundo : La création d’un cadre de stage professionnel en interne pour les apprenants en associant ceux-ci à la réflexion sur les innovations technologiques en développement ainsi qu’à l’exécution des marchés gagnés par l’INPP ;
Tertio : La création des centres d’innovation et d’invention attachés à chaque centre de formation INPP à travers le pays pour soutenir le développement de l’ingéniosité des apprenants doués mais aussi ;
Quarto : La création d’un cadre d’épanouissement des jeunes entrepreneurs congolais à travers le développement des micro-entreprises par les apprenants désireux de se lancer dans l’entreprenariat à l’issue de leur formation professionnelle dans une filière donnée.

Note :
En concernant la nécessité de la création des micro-entreprises par les apprenants à l’issu de leur formation, nous suggérons qu’un « cadre de collaboration » soit créé entre l’INPP et l’Office de Promotion des Petites et Moyennes Entreprises (OPEC) afin de réfléchir sur la mise en place d’un centre d’incubation d’entreprises dans chaque centre de formation INPP à travers le pays.
Sur ce, intégrer une vision entrepreneuriale au sein du nouveau leadership de l’INPP sera une nécessité capitale.
Aux Etats-Unis, précisément dans l’Etat du Texas par exemple, il existe un partenariat privilégié (basé sur un programme d’incubation d’entreprises) entre la Small Business Administration (SBA) (équivalent de l’OPEC en RDC) et des centres de formation professionnelle tel que la South Texas Vocational Technical Institute (un type d’INPP en RDC).
D’où, nous disons ceci :
Accepter d’appliquer notre projet de réforme au sein de l’INPP par le gouvernement de la RDC va permettre d’atteindre le double objectif suivant :
permettre de renflouer les caisses de l’INPP à travers les recettes extra-formation (réalisation de produits innovants et soumission aux marchés publics et privés) pour le rendre beaucoup plus dynamique étant donné qu’il possède les installations techniques (laboratoires et ateliers) nécessaires ;
être le fer de lance de la création de la classe « des jeunes entrepreneurs congolais » à travers la mise en œuvre d’un cadre adapté pour l’épanouissement des jeunes désireux d’entreprendre.
Se faisant, avec la réforme proposée de l’INPP, la formation professionnelle va devenir :

  • Un support à l’investissement étranger c’est-à-dire que l’INPP va fournir de la main d’œuvre qualifiée pour les investisseurs en quantité et qualité suffisante ;
  • Une niche pour les entrepreneurs du futur ;
  • Une structure nationale offrant des solutions de proximité : cela signifie qu’il sera question de relever le défi d’avoir à moyen terme un centre INPP dans chacune des 26 provinces de la RDC et à long terme au moins un centre dans les 145 territoires que compte la République ;
  • Compétitif sur le marché en utilisant les atouts qu’il a pour s’imposer et ainsi assurer des nouvelles ressources financières à l’INPP ;
  • Un cadre qui encourage l’innovation et l’invention ;
  • Un cadre qui facilite la transition du secteur informel vers le formel.

LA FORMATION PROFESSIONNELLE AU CENTRE DES STRATEGIES POUR LA CONSTITUTION DES « BRIGADES DE PRODUCTION »

Avec la crise socio-économique induite par la pandémie de COVID-19 en RDC, le besoin de la diversification de l’économie, en général, en particulier le développement du secteur de l’agrobusiness devient une priorité ; car cela va permettre à la fois de réduire la faim dans le pays, de créer des emplois et des richesses. Ce qui, du coup, rend nécessaire la matérialisation rapide du projet de la mise en place des brigades agricoles annoncé par le Chef de l’Etat dans son discours à la Nation.
Pour rappel, le Programme Alimentaire Mondial (PAM) en 2019 évaluait à 13 millions le nombre de personnes en situation de mal nutrition en RDC, pour l’année 2020, avec la pandémie de COVID-19, les prédictions du PAM sont que ce nombre pourrait doubler ; soit 26 millions de personnes concernés sur un total de 80 millions (environ 32.5% de la population congolaise). Ce qui est énorme !
Dans le discours à la Nation du Chef de l’Etat du 13 décembre dernier nous avons retenu enfin :
« … La création des Ministères dédiés à la Jeunesse et à la Formation professionnelle, Arts et Métiers ont justement pour vocation de venir en appui aux Ministères de l’Agriculture, du Développement rural et de la pêche et élevage en organisant les jeunes en corps des métiers ou brigades de production. Et en fournissant une main d’œuvre qualifiée pour la diversification de notre économie. »
Ainsi, dans le cadre de ce projet reforme, l’INPP réformé pourra jouer un rôle déterminant dans ce type de programme à travers la production de modules de formation professionnelle accès sur l’innovation technologique et l’entreprenariat en s’appuyant sur les centres d’innovation et d’invention mais aussi d’incubation des entreprises qui seront attachés à chaque centre INPP dans le pays ; ce dispositif constituera un soutien indispensable au développement de l’agrobusiness en RDC.
CONCLUSION

Pour finir, nous disons ceci :
« Afin que le monde d’après (- COVID-19 -) bénéficie davantage au continent que celui d’hier, les gouvernants d’Afrique et leurs partenaires privés peuvent s’allier pour réorienter et renforcer leurs outils de production. L’investissement dans les infrastructures, l’éducation ou encore la formation seront incontournables pour relever ces défis de l’industrie africaine. »
Par cette belle citation de Benjamin Romain et Wilfrid Lauriano do Rego, nous voulons conclure cette septième tribune en faisant remarquer que la RDC doit absolument tirer les leçons de la pandémie de COVID-19. Le gouvernement ne peut pas se permettre de rater le train.
Il est temps, par exemple, de reformer la formation professionnelle en RDC afin de « se ranger en ordre de bataille ».
Considérant que la lutte contre la faim, résultante de la crise socio-économique induite par la pandémie de COVID-19 en RDC, devra constituer une des priorités gouvernementales d’après crise, c’est à ce niveau que la formalisation et la certification du savoir-faire des jeunes congolais qui vont constituer, par exemple, ces « brigades de production » dont parle le Chef de l’Etat devient le gage de réussite de ce programme ambitieux.
Pour ce faire, il sera, avant tout, question que les institutions de formation professionnelle du pays, en l’occurrence l’INPP, intègre déjà en leur sein une vision entrepreneuriale.
D’où la nécessité du projet de réforme de l’INPP proposé.

Patrick T. ONOYA

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