RDC-Indépendance 60 ans : le Cardinal Ambongo charge la coalition (FCC-CACH) au pouvoir « auteur de la fraude électorale »

Par Edmond Izuba

Pour sa première célébration de la fête de l’indépendance du Congo, en tant que Cardinal de l’église catholique universelle en RDC, Mgr Fridolin Ambongo Besungu n’avait pas les termes gentils. L’ancien patron de la Commission Justice et Paix (CPJ), organe politique très puissant de la Conférence des évêques du Congo (CENCO), semble avoir retrouvé ses anciens réflexes. Dans une homélie dite à l’occasion du 60ème anniversaire de l’indépendance du Congo, organisée dans un format réduit à la cathédrale Notre Dame Du Congo,  le Cardinal a mis Félix Tshisekedi et son allié « fidèle » Joseph Kabila dans un même sac. Il les a non seulement qualifiés de dictateurs au pouvoir, à cause de leur fraude électorale organisée en 2018,  mais aussi prédit une situation chaotique dans les jours avenirs. « Aussi longtemps que cette coalition (FCC – CACH) sera là, il n’y a rien à espérer des gouvernants (…) la coalition au pouvoir a perdu sa raison d’être et devrait normalement disparaître », martèle le Cardinal Fridolin Ambongo.

Ses recommandations sont sans appel. Dans une vidéo devenue virale dans les réseaux sociaux, le successeur de Laurent Monsengwo invite le peuple de deux plus grandes églises au Congo (Catholique et Protestante) à s’élever pour bloquer toutes les manœuvres tendant à sombrer le Congo. L’ancien évêque de Bokungu-Ikela agite l’article 64 de la constitution ayant trait à la désobéissance civique, et tient déjà la population en l’haleine sur les nombreux points qui divisent la population à la classe politique au pouvoir : les réformes de la Commission électorale Nationale Indépendante (CENI) y compris la désignation du nouveau président de cet organe, et les trois propositions de lois portant sur les réformes judiciaires engagées par les députés FCC.     

Le regret du Cardinal congolais est de voir des successions d’autorités depuis 1960 qui n’ont accédé au pouvoir que par les armes ou par la fraude électorale au détriment de la volonté populaire. 

 « …à l’église catholique qui est déjà en ordre de marche, à l’église protestante à se lever, à dresser le front pour faire barrage à toutes ces velléités qui ont comme unique objectif que de protéger les intérêts partisans de ceux qui ne veulent pas une justice juste. Les jours avenirs seront difficiles. Et, je tiens ici à demander au peuple de se tenir en ordre de marche lorsque le moment viendra… », a prévenu Mgr Fridolin Ambongo, avant d’indiquer qu’« Après 60 ans, on ne peut pas continuer à gouverner par mépris du peuple et par mépris de l’Eglise catholique et l’Église protestante ».

Le cardinal se déchaîne

Poursuivant sa célébration eucharistique aussi particulière, le Cardinal Ambongo a encore enfoncé la classe politique congolaise qui a du mal à suivre les voies tracées par les pères de l’indépendance. Il l’a placé en exergue de tous les échecs enregistrés durant 60 ans. De la situation politique, en passant par le social jusqu’à la sécurité des paisibles citoyens.  

‹‹Tellement corrompue, la classe politique Congolaise est perdue. Voilà que nos 9 voisins nous envahissent ; voilà que les ADF sont toujours là et continuent de tuer notre peuple, alors qu’au début de l’année l’armée a dit avoir récupéré le territoire et mis en déroute les ADF; voilà que le plan de balkanisation existe et persiste ; voilà pourquoi tout se fait en complicité et avec le pouvoir de Kinshasa››, a indiqué Fridolin Ambongo.  

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