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RDC : 60 ans après, la musique et le cinéma peinent à s’exploser à cause de manque de vision et de professionnalisme de la part de ses acteurs ( Fanfan Mongbondo)

Par Serge Mavungu

Soixante ans après son indépendance, le secteur culturel et tant d’autres de la RDC ne connaissent pas d’essor. Fanfan Mongbondo, expert en communication et opérateur culturel énumère ici une dizaine de maux qui empêche l’éclosion de la culture congolaise, particulièrement dans le domaine de la musique et du cinéma. En toute modestie, Fanfan Mongbondo pense que certaines personnes plus expérimentées en détecteront d’autres ou pourront apporter des meilleurs réponses à cette question pertinente.

1.Je pense qu’en premier, il se pose un problème des moyens mis à la disposition ou récoltés par les producteurs de musique et de cinéma ; 2. Il se pose un sérieux problème de vision, souvent même de professionnalisme dans le chef même des acteurs de ces secteurs ; 3. Ces deux secteurs fonctionnent encore de manière artisanale, l’industrie n’y étant pas encore développée (manque d’infrastructures adéquates, de réseaux de distribution, etc ; 4. On veut le monde alors que nous n’avons rien au Congo. Nous sommes un marché d’environ 90 millions des têtes en RDC, je pense qu’il faudrait d’abord que ces secteurs gagnent en crédibilité et en rentabilité chez nous avant de prétendre à l’international comme qui dirait avant de pouvoir voler faut d’abord tenir debout ; 5. Le manque de sincérité et de dialogue entre les différents acteurs : la plupart des labels ou maisons de production veulent souvent profiter de la naïveté des artistes et autres corps du métier et les artistes et autres corps du métier sont eux même souvent très malhonnêtes ; 6. Problèmes d’originalité dans les contenus made in DRC, qui pour la plus part sont copiés sur des contenus déjà proposés par d’autres pays industrialisés au lieu d’y exposer notre propre culture ; 7. En RDC, ceux qui ont l’argent n’ont souvent pas les idées et ceux qui ont les idées n’ont pas d’argent et les deux ont souvent du mal à harmoniser leurs vues. Conséquence, ceux qui ont les idées essaient de gagner rapidement de l’argent et se barrer vite fait ; 8. Les labels ou maisons de production me semblent tellement en compétition pour rafler une grosse part du presque rien que représente les revenus de ces secteurs, qu’ils oublient de s’asseoir pour réglementer et créer les conditions pour que cela deviennent rentable ; 9. La piraterie et l’absence des structures sérieuses de collecte des droits d’auteurs et droits voisins ; 10. Le découragement suite aux nombreuses tentatives avortées de créer un cadre propice pour développer le business dans ces secteurs.

FANFAN MONGBONDO (Expert en communication et Opérateur culturel)

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