Ministère de l’EPST : ces précisions qui éclairent l’opinion [Tribune]

Par la Rédaction

Des attributions ou missions de l’EPST

  • Le Ministère de l’EPST a pour mission notamment l’organisation de l’’enseignement maternel, primaire, secondaire et technique ainsi que la conduite et l’exécution de la politique générale du Gouvernement dans ce domaine. Cela impli’que une proactivité dans la succession de prise de décisions en vue d’assurer harmonieusement l’organisation du système éducatif avec le principe de partenariat comme mode de gestion du sous-secteur de l’EPST.
  • De la reforme de la gratuité de l’enseignement primaire
  • Conformément à la Constitution, cette réforme a été étendue à l’ensemble du niveau primaire dès le 2 septembre 2019. Devenue irréversible, la gratuité de l’enseignement primaire qui a reçu l’adhésion de l’ensemble de la population et de tous les partenaires éducatifs a ramené dans le circuit scolaire 4 millions de nouveaux élèves issus pour la plupart des familles démunies.
  • Cependant, il sied de rappeler que la mise en œuvre de la gratuité avec tous ses paramètres garantissant la qualité de l’enseignement-apprentissage a été évaluée lors de la deuxième table-ronde sur l’éducation, à environ 2,4 milliards de dollars américains à décaisser chaque année par le budget national.
  • De la paie des enseignants
  • Le Ministère de l’EPST ne paie pas les enseignants. Il ne dispose pas non plus de coffres-forts pour garder l’argent liquide destiné à cette fin. Le Ministère de l’EPST à travers son service technique SECOPE ne produit que des listings qui n’ont aucune valeur comptable et qu’il transmet au Ministère du Budget qui transmet à son tour au Ministère des Finances qui, enfin, ordonne la paie via les banques partenaires où sont rémunérés les enseignants.
  • De supposés faux arrêtés
  • Les arrêtés signés par le Ministre d’Etat, Ministre de l’EPST, ne peuvent pas être considérés ‘’ faux ‘’ parce que conformément à la loi le Ministre agit par voie d’arrêté.
  • Dans le contexte de la mise en œuvre de la gratuité de l’enseignement primaire qui a induit plusieurs effets, notamment le surpeuplement des salles de classe et le renforcement du contrôle de la qualité des enseignements, des arrêtés de régularisation de la situation administrative de certaines écoles et de scission de quelques provinces éducationnelles ont été pris.
  • Le Ministère de l’EPST dispose par ailleurs d’une cellule chargée de numériser tous les arrêtés signés depuis 1994 à ce jour.
  • Cependant à l’instar des autres institutions de la République, le sous-secteur de l’EPST n’est pas à l’abri des réseaux maffieux qui falsifient et dupliquent les documents officiels. Pour preuve, il y a un peu plus de 6 mois le Ministre d’Etat Bakonga avait pris la décision de suspendre les Proveds de FUNA et de LUKUNGA, l’Inspecteur Provincial Principal de Lukunga, quatre chefs de division du Service National d’Identification d’élèves et certains de leurs collaborateurs pour avoir falsifié près de 10.000 commissions d’affectation.
  • De l’apparition dite subite des NU
  • Nul n’ignore que le sous-secteur de l’EPST connaît une forte mobilité de son personnel. Le métier d’enseignant est devenu aujourd’hui un tremplin en attendant qu’une meilleure opportunité se présente. Cette forte mobilité justifie la nécessité des remplacements des déserteurs, des décédés et des cas de maladie chronique. Ces remplacements sont opérés par un acte officiel en l’occurrence l’arrêté ministériel.
  • Il est porté à la connaissance de l’opinion qu’une commission interinstitutionnelle a été mise en place pour identifier et recenser tous les enseignants Nouvelles Unités. Elle a été composée des délégués de la présidence de la République, de la Primature, des Ministères du Budget, des Finances, de la Fonction, de l’EPST, des délégués des syndicalistes et des parents d’élèves ainsi que des Partenaires Techniques et Financiers. Sur les 394.000 NU recensées seules 144.944 ont répondu aux critères d’éligibilité mise en place à cet effet par la commission ORINU.
  • Du reste, les arrêtés de 2019 et 2020 n’ont pas été retenus dans le cadre de l’opération d’identification des N.U ayant abouti à la prise en charge par le Trésor Public en octobre 2020 de 58.753 enseignants N.U du primaire.
  • S’agissant spécifiquement du dossier de 58.735 enseignants Nouvelles Unités payés par le Trésor Public en octobre 2020, la Banque Mondiale, partenaire du Gouvernement, a recruté un Cabinet d’audit externe qui va se déployer en province et dans des écoles pour authentifier l’existence des écoles et des enseignants payés.
  • De nouvelles provinces éducationnelles
  • Tenant compte des réalités du Congo profond notamment l’enclavement, le manque de mobilité, l’impraticabilité des routes, l’éloignement entre les écoles et leurs gestionnaires et du fait que la gratuité doit rimer avec la qualité, vision du Gouvernement pour préparer les futures élites en vue d’un Congo voulu prospère, les autorités du Ministère ont jugé bon de rapprocher l’administration scolaire aux gestionnaires.
  • C’est ainsi qu’au lieu de créer de nouvelles provinces éducationnelles, le Ministère a plutôt scinder quelques anciennes provinces en redéployant le même patrimoine humain. C’est le cas des provinces du Sankuru, Maï Ndombe, Tshuapa qui n’avaient chacune qu’une seule province éducationnelle. Du temps de l’ancien Premier Ministre Bruno Tshibala, le Ministère de l’EPST comptait 30 provinces éducationnelles jusqu’à la création de 18 nouvelles autres. Y avait-il une motivation particulière ? Mais, à l’avènement du Gouvernement Ilunkamba, en lieu et place de la création de nouvelles provinces, l’on a simplement scindé 8 provinces à la suite des effets induits de la gratuité qui a vu monter de manière exponentielle le nombre d’élèves, d’enseignants et d’écoles.

En conclusion, la lecture du fonctionnement du Secteur éducatif congolais, en général, et du Sous-secteur de l’EPST, en particulier, ne doit pas être faite sous un angle absolu des principes établis mais surtout dans un contexte des réalités congolaises et des objectifs à atteindre. – Le cas de la gratuité de l’enseignement primaire dont les besoins annuels ont été estimés à 2,4 milliards de dollars USD est éloquent. Si aujourd’hui les effets de ces mesures sont perçus par la communauté nationale, c’est parce que les dirigeants du Ministère sont réalistes et créatifs.

Par Daudet Lokando, Expert du Ministère de l’EPST