Le vice-premier ministre congolais de la Défense, Guy Kabombo Muadiamvita a entamé une visite de trois jours en Afrique du Sud, du 24 au 27 mars 2025, dans le but de consolider et d’approfondir la coopération militaire entre les deux nations. Cette rencontre intervient alors que la région des Grands Lacs est secouée par l’activisme du M23, soutenu par le Rwanda, et que le retrait progressif de la mission de la SADC de l’Est de la RDC suscite des interrogations.
M. Muadiamvita s’est entretenu avec la ministre sud-africaine de la Défense, Angie Motshekga, et de hauts responsables militaires, abordant des sujets cruciaux tels que le renforcement des capacités de défense stratégique, la formation des forces spéciales, des unités de réaction rapide, du personnel aérien et naval, ainsi que le transfert d’expertise en matière d’industrie de défense.
La ministre Motshekga a souligné l’importance de ce partenariat, le qualifiant de « capital pour la paix, la sécurité et la stabilité de la région ». Du côté congolais, l’accent a été mis sur la nécessité d’échanges réguliers d’experts, de sessions de travail conjointes et d’exercices militaires communs.
Retrait de la SADC : une décision controversée
Cette rencontre bilatérale se déroule dans un contexte régional marqué par le retrait progressif de la mission de la SADC de l’Est de la RDC, une décision prise lors d’un sommet extraordinaire virtuel le 13 mars dernier. Si certains y voient un échec diplomatique, le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, y voit une « mesure de confiance visant à garantir la paix et la stabilité ».
Il convient de rappeler que l’Afrique du Sud a payé un lourd tribut à cette mission, avec la perte de 14 soldats en janvier et février 2024, lors de combats contre le M23 à Sake. Le déploiement de 2 900 soldats sud-africains, ordonné par le président Ramaphosa, avait représenté un investissement de 2 milliards de rands (environ 134 millions de dollars).
La coopération militaire entre la RDC et l’Afrique du Sud revêt une importance stratégique, à la fois pour la sécurité de deux pays et pour la stabilité de la région. Alors que le retrait de la SADC soulève des questions, le renforcement des liens bilatéraux en matière de défense apparaît comme une priorité pour Kinshasa, afin de faire face aux défis sécuritaires persistants dans l’Est du pays.
CB