Le timing est pour le moins troublant. Alors que l’espoir d’un dialogue direct entre le gouvernement congolais et l’AFC-M23 renaissait à Luanda, l’Union Européenne jette un pavé dans la mare en sanctionnant des membres clés de la rébellion. Un coup de théâtre qui sème le doute et attise les tensions, au moment où la diplomatie s’efforçait de trouver une issue pacifique à la crise.
Cette décision, perçue par beaucoup comme un coup de frein brutal au processus de paix, soulève de nombreuses interrogations. Pourquoi sanctionner maintenant, alors que les pourparlers étaient imminents ? Quelle est l’urgence de ces sanctions, au point de risquer de compromettre les efforts de médiation ?
On ne peut s’empêcher de penser que l’UE, en agissant ainsi, n’a pas mesuré les conséquences de son geste. Au lieu de favoriser le dialogue, elle semble avoir choisi d’alimenter les divisions et de renforcer les positions extrêmes. Un pari risqué, qui pourrait bien faire voler en éclats les fragiles espoirs de paix.
Il est temps pour nous, Congolais, d’ouvrir les yeux et de nous interroger sur les véritables intentions de ceux qui prétendent nous aider. L’UE, en soufflant sur les braises, ne fait-elle pas le jeu de ceux qui profitent du chaos et de l’instabilité dans notre pays ?
Nous devons prendre notre destin en main et ne pas laisser d’autres décider de notre avenir. Il est impératif de soutenir les initiatives de paix, de privilégier le dialogue et de rejeter toute forme d’ingérence extérieure. Seule une solution congolaise, portée par les Congolais eux-mêmes, permettra de mettre fin à ce conflit qui n’a que trop duré.
Célestin Botoleande